5 peurs ultra courantes en voyage solo et comment les surmonter
Backpackologie
1/13/202610 min read


Tu rêves de partir en voyage solo, sac sur le dos, mais une petite voix dans ta tête te susurre : "Et si...?"
Et si tu te retrouvais complètement seul(e) sans parler à personne pendant des jours ? Et si personne ne te comprenait et que tu te retrouvais coincé(e) dans une situation impossible ? Et si voyager seule en tant que femme était vraiment trop risqué ? Et si tu culpabilisais de rester à l'auberge au lieu de visiter ? Et si tout ce qu'on te vend sur Instagram n'était qu'une grosse illusion ?
Spoiler alert : toutes ces peurs, je les ai ressenties. Et devine quoi ? Je voyage toujours. Mieux : j'adore ça.
Dans cet article, je te raconte 5 peurs ultra courantes en voyage solo backpack, celles qui font vraiment flipper avant de partir (et parfois pendant), et surtout comment les surmonter. Pas avec des discours tout roses du genre "lance-toi et tout ira bien", même si oui, tout ira bien, mais avec des expériences réelles, des moments de doute, et des solutions qui ont marché.
On va parler de :
La peur de ne pas rencontrer de gens
La peur de la barrière de la langue
La peur de voyager seule en tant que femme
La peur de ne pas profiter assez (et la culpabilité du repos)
La peur d'être déçue par la réalité vs Instagram
1. La peur de ne pas rencontrer de gens
👉 Le fantasme de l'isolement total
Avant mon premier voyage solo, j'avais cette image terrifiante : moi, seule à une table de restaurant, regardant les groupes d'amis rigoler autour de moi. Moi, passant des journées entières sans échanger un mot avec qui que ce soit. Moi, devenant cette personne bizarre qui parle toute seule dans sa chambre d'hôtel.
Bref, le scénario catastrophe du voyageur solo : l'isolement social complet.
👉 La réalité : les rencontres se font (presque) toutes seules
Spoiler : ça ne s'est jamais passé comme ça. Pourquoi ? Parce qu'en voyage, et surtout en mode backpack en auberge de jeunesse, les rencontres se font de manière super naturelle.
Voilà comment ça se passe concrètement :
Dans ton dortoir : Tu arrives, tu poses ton sac, quelqu'un te demande d'où tu viens. Boom, première conversation.
Dans les espaces communs : La cuisine, le rooftop, la salle de jeux... Les gens traînent, discutent, proposent de partager un repas.
Lors des activités organisées par l'hostel : Soirées, visites guidées, pub crawls... T'es automatiquement en groupe.
La première fois que j'ai compris ça, c'était au Mexique. J'étais stressée à l'idée de manger seule le premier soir. Résultat ? Mes deux “colocs” m'ont proposé de les rejoindre avant même que j'aie fini de m'installer.
👉 Même les introvertis s'en sortent (promis)
"Oui mais moi je suis timide/introverti(e), ça marche pas pour moi ce délire."
Écoute, je te comprends. Mais voilà le truc : en voyage solo, tout le monde est dans le même bateau. Les autres backpackers sont aussi en mode "j'ai envie de rencontrer des gens". Ça rend les interactions tellement plus simples qu'au quotidien.
Et puis honnêtement ? Avec le temps, j'ai même commencé à rechercher les moments de solitude. Maintenant quand je voyage, je savoure mes petits-déjeuners en silence, mes balades solo, mes moments où je lis tranquille dans un hamac. Parce que les rencontres, elles viennent toutes seules de toute façon.
💡 Mes conseils pour faciliter les rencontres
Choisis des auberges avec de bons espaces communs : regarde les photos sur Booking/Hostelworld, lis les avis qui mentionnent l'ambiance
Commence par un "hey, ça va ?" dans la cuisine : c'est le terrain neutre parfait pour engager la conversation
Dis oui aux activités de groupe même si t'as pas hyper envie : souvent c'est là que tu rencontres tes futurs compagnons de route
Lâche ton téléphone dans les espaces communs : difficile de te parler si t'as les yeux rivés sur Instagram
2. La peur de la barrière de la langue
👉 Le mythe de "tout le monde parle anglais"
Mon premier voyage solo, c’était le Mexique. J'étais persuadée que mon anglais suffirait. Que dans les zones touristiques, ça passerait crème.
Grosse erreur.
La réalité ? Dans beaucoup d'endroits, l'anglais n'est pas du tout répandu. Et parfois, tu te retrouves dans des situations où tu dois absolument te faire comprendre : commander à manger, acheter un ticket de bus, demander ton chemin, expliquer un problème...
👉 Comment je m'en suis (toujours) sortie
Voici ce qui m'a sauvée à chaque fois, et qui va te sauver aussi :
Les gestes. Oui, comme un mime. Tu montres du doigt, tu fais des signes, tu mimes "manger", "dormir", "bus". Et devine quoi ? Ça marche.
Les sourires. Un sourire franc et un air un peu perdu, c'est universel. Ça dit "je galère mais je suis cool, aide-moi s'il te plaît". Et la plupart des gens répondent à ça.
Google Traduction. Cet outil a littéralement sauvé des centaines de mes interactions. Mode hors ligne, mode photo pour scanner les menus, mode conversation... C'est ton meilleur pote.
👉 La magie de la bienveillance humaine
Ce qui m'a le plus marquée dans tout ça ? La patience et la gentillesse des gens. La plupart prennent vraiment le temps de te comprendre. Ils reformulent, ils cherchent quelqu'un qui parle anglais, ils t'accompagnent même parfois. Ces moments-là te rappellent que la communication va bien au-delà des mots.
Bon, ton attitude joue aussi. Si tu arrives stressé(e), agacé(e), ou hautain(e), les gens ne vont pas se plier en quatre pour t'aider. Mais si tu restes souriant(e), patient(e), et reconnaissant(e), la magie opère.
💡 Mes conseils pour dépasser la barrière de la langue
Télécharge Google Traduction en mode hors ligne avant de partir : sauveur de vie
Apprends 5 phrases de base dans la langue locale : bonjour, merci, excusez-moi, combien ça coûte, où est... Ça change tout
Reste zen et souris : ton attitude compte autant que tes mots
Pour aller plus loin, je t'invite à lire cet article : Voyager sans parler la langue : c'est possible.
3. La peur de voyager seule en tant que femme
👉 La question qu'on me pose tout le temps
"Mais t'as pas peur de voyager seule en tant que femme ?"
Soyons honnêtes : oui, il y a une vigilance particulière à avoir. C'est la réalité. Prétendre que voyager seule en tant que femme est exactement pareil que pour un homme serait mentir.
Mais, et c'est un gros "mais", c'est totalement faisable et des millions de femmes le font tous les jours (et d'ailleurs il y a énormément plus de femmes solo voyageuses que d'hommes !). Il suffit d'être consciente de quelques règles de base et de faire confiance à son instinct.
👉 Les règles non négociables que j'applique
Voici ce que j'ai appris sur le terrain et que je respecte systématiquement :
Rester alerte. Pas parano, mais alerte. Observer les gens autour, repérer les situations bizarres avant qu'elles ne dégénèrent.
Ne jamais entièrement lâcher prise. Concrètement : je ne bois pas à outrance. Je ne rentre pas seule tard le soir dans des quartiers que je ne connais pas. Je n'emprunte pas cette ruelle sombre même si c'est un raccourci.
Privilégier le groupe. Sortir en groupe, c'est beaucoup plus safe. Et la bonne nouvelle ? En auberge de jeunesse, il y a toujours des gens partants pour une soirée.
Écouter sa petite voix intérieure. Et là, c'est LA règle d'or. Tu sens qu'un truc cloche ? Tu te casses. Point. Pas de "j'abuse peut-être", pas de "je vais passer pour une parano". Ta sécurité passe avant tout le reste.
👉 La solidarité entre backpackers (mais reste lucide)
Un truc que j'ai découvert et que j'adore : il existe une vraie solidarité entre backpackers. On est tous dans la même galère, loin de chez nous, à chercher notre chemin. Ça crée des liens de confiance assez forts.
MAIS – et c'est important – tout le monde n'est pas sympa et bien intentionné. Il faut savoir filtrer. Donc oui, fais confiance, mais garde ton radar allumé. Et encore une fois : écoute ta petite voix. Elle ne se trompe (presque) jamais.
💡 Mes conseils pour voyager seule en tant que femme
Partage ta localisation en temps réel avec un proche via WhatsApp ou une app dédiée (certes t'es loin, mais ça rassure quand même)
Fais-toi confiance : si une situation te met mal à l'aise, casse-toi immédiatement sans te justifier
Sors en groupe le soir : c'est plus fun ET plus sûr
Lis les avis sur les quartiers et hébergements : la sécurité est souvent mentionnée par les voyageuses
4. La peur de ne pas profiter assez (et la culpabilité du repos)
👉 La pression invisible du backpacker parfait
Tu sais ce truc vicieux qui te prend quand tu voyages ? Cette petite voix qui te dit : "Allez, bouge-toi, faut EN PROFITER. Tu vas pas rester à l'auberge toute la journée quand même ?"
Comme si prendre un jour de repos, c'était gâcher ton voyage. Comme si tu devais être en mode actif 24/7, visiter 10 trucs par jour, ne jamais dire non à une activité.
Résultat ? Tu te crames. Physiquement et mentalement.
👉 Bouger tout le temps = fatigue intense
Laisse-moi te raconter une vérité qu'on te dit rarement : voyager fatigue. Vraiment.
Marcher 15 km par jour. Te lever à 5h pour attraper un bus. Dormir dans des dortoirs bruyants. Changer de ville tous les 3 jours. Gérer la logistique, les réservations, les transports. Rester constamment en mode "adaptation" parce que tout est nouveau.
C'est génial. C'est excitant. Mais c'est épuisant.
Et ton corps finit par te le faire comprendre. Courbatures, fatigue écrasante, système immunitaire en rade, irritabilité... Les signaux sont là. Il faut juste apprendre à les écouter.
👉 Le "dimanche du backpacker" : ton nouveau meilleur ami
L'idée ? Tout comme quelqu'un qui bosse la semaine a son dimanche de repos, toi aussi tu as le droit (et même le BESOIN) de prendre un jour off (pas forcément le dimanche, tu l’auras compris).
Mais un jour où tu restes à l'auberge. Où tu traînes dans un hamac avec un bouquin. Où tu regardes une série sur ton ordi. Où tu fais tes lessives, tu tris tes photos, tu écris dans ton carnet. Où tu ne fais RIEN de "productif" niveau visite.
Et devine quoi ? Ce jour-là te permet de recharger les batteries, de digérer tout ce que tu as vécu, de te reconnecter à toi-même. Et le lendemain ? Tu repars boosté(e) à fond.
💡 Mes conseils pour gérer la culpabilité du repos
Planifie tes jours off : inscris-les dans ton itinéraire comme des vraies activités, ça déculpabilise
Écoute ton corps : si tu sens que tu as besoin de ralentir, fais-le immédiatement (pas "dans 3 jours")
Redéfinis ce que "profiter" veut dire : parfois, profiter c'est ne rien faire et savourer l'instant présent
Rappelle-toi que c'est TON voyage : pas celui des autres backpackers, pas celui d'Instagram, le tien
Si t’as 4 minutes devant toi et que tu veux en savoir plus sur le sujet, rendez-vous sur cette page.
5. La peur d'être déçue (quand la réalité ne ressemble pas aux réseaux sociaux)
👉 L'écart entre le feed et la vraie vie
On va parler d'un truc dont personne ne parle assez : la déception.
Tu sais, ces moments où tu arrives dans un endroit hyper instagrammé, celui dont tu as vu 500 photos magnifiques, et... c'est blindé de touristes. Il y a une queue de 2h pour prendre LA photo. Le lieu est hyper commercialisé. L'ambiance est nulle.
Bienvenue dans la réalité du voyage à l'ère Instagram.
👉 Les spots instagrammables : le piège de la foule
Exemple concret : en Thaïlande, il y a Maya Bay sur l'île de Koh Phi Phi Ley, rendue ultra célèbre par le film "The Beach". Magnifique, paradisiaque, tous les influenceurs y sont passés.
Et bien… je ne l'ai pas faite. Pourquoi ? Parce que j'ai compris qu'il y aurait trop de monde à mon goût. Que c'était devenu une attraction de masse, avec des dizaines de bateaux qui débarquent en même temps.
Pour moi, ça ne valait pas le coup. Je préférais garder l'image de carte postale dans ma tête plutôt que de vivre une expérience frustrante.
👉 S'adapter et accepter (c'est OK)
Parfois, tu ne peux pas échapper à la foule. Certains sites sont incontournables et, oui, tout le monde y va. Genre le trek de l'Acatenango au Guatemala : c'est magnifique, mais tu passes ton temps à croiser et laisser passer des groupes entiers sur des petits chemins étroits.
Dans ces cas-là, tu acceptes qu'il y a du monde et tu t'adaptes selon le cas :
Tu mets tes écouteurs pour t'isoler un peu
Tu y vas très tôt le matin quand il y a moins de monde
Tu changes ton état d'esprit pour voir le positif malgré la foule
Tu te fais une raison : oui il y a du monde, non ce n'est pas l'expérience zen dont tu rêvais, mais tu y es alors autant en profiter quand même
👉 La vraie magie du voyage (spoiler : elle n'est pas sur les réseaux
Voici ce que j'ai compris avec le temps : les meilleurs moments de voyage ne sont pas instagrammables.
C'est cette conversation de 3h avec un local qui t'explique sa vie. C'est ce coucher de soleil improvisé sur un toit d'auberge avec des gens que tu connais depuis 2 jours. C'est ce fou rire incontrôlable dans un tuk-tuk qui roule n'importe comment. C'est cette galère de bus raté qui finit en aventure complètement dingue.
Ces moments-là, tu ne les postes pas. Pas parce qu'ils ne "rendent" pas bien en photo. Mais parce que tu n’y penses pas. Parce que tu les vis. Ce sont eux, la vraie expérience.
Instagram te montre 10% du voyage : la partie visible de l'iceberg, celle qui est jolie, bien cadrée, avec la bonne lumière. Les 90% restants ? C'est la transpiration, les galères, les moments chiants, les doutes, les fous rires, les rencontres... C'est ça, voyager.
💡Mes conseils pour gérer l'écart réalité/attentes
Limite ton temps sur Instagram avant de partir : moins tu vois de photos "parfaites", moins tu as d'attentes irréalistes
Renseigne-toi sur l'affluence : lis les avis récents, demande aux locaux, évite les heures de pointe
Accepte que certains lieux soient décevants : c'est pas grave, passe à autre chose
Savoure les moments "non instagrammables" : ce sont souvent les meilleurs souvenirs
Conclusion
Voilà, on vient de faire le tour des 5 peurs ultra courantes du voyage solo. Et tu sais quoi ? Elles sont toutes légitimes. Elles sont toutes normales. Avoir peur ne fait pas de toi quelqu'un de faible ou de pas fait pour voyager. Ça fait de toi un être humain qui sort de sa zone de confort.
Ce que j'ai appris au cours de mes voyages, c'est que ces peurs ne disparaissent pas magiquement. Mais elles se transforment. Elles deviennent plus petites. Plus gérables. Parfois, elles deviennent même des forces.
Alors si toi aussi tu as ces peurs, c'est normal. Et oui, tu vas quand même partir. Oui, tu vas les surmonter. Oui, tu vas revenir transformé(e).
Parce que c'est exactement ça, le voyage solo : apprendre à danser avec tes peurs plutôt que de les laisser te paralyser.
