Sri Lanka - Colombo : entre jour férié, pluie et rencontres
Backpackologie
2/7/202610 min read
Tu débarques à Colombo, capitale effervescente du Sri Lanka, avec une to-do list longue comme le bras. Temples, mosquées, musées, quartiers animés… Et BAM, jour de l’Indépendance. Tout ferme. Google Maps te ment effrontément sur les horaires. Bienvenue dans l’art de l’improvisation version backpacker.
Dans cet article, je te partage mon retour d’expérience brut de décoffrage sur Colombo, avec toutes les infos pratiques pour que ton arrivée au Sri Lanka se passe sans accroc. Au programme : comment rejoindre le centre-ville depuis l’aéroport pour une poignée de roupies, où dormir sans te ruiner, que faire quand tout ferme, et surtout comment profiter de cette capitale même quand elle ne se montre pas sous son meilleur jour.
Cet article sera complété après mon second passage à Colombo en fin de voyage, où j’espère bien rattraper toutes les visites que j’ai loupées. En attendant, voici ce que j’ai appris lors de mes 48 premières heures sri lankaises.
Ce que tu vas découvrir dans cet article :
De l’aéroport à ton hostel : le mode d’emploi sans arnaque
Jour de l’Indépendance : improviser quand Colombo fait la sieste
Pettah et ses trésors cachés (même fermés, ils valent le détour)
Galle Face sous la pluie : l’expérience locale authentique
Manger à Colombo : du rice & curry au resto branché
Ce que je n’ai pas pu faire (mais que je compte bien rattraper)
Budget et infos pratiques pour gérer tes roupies
Quitter Colombo direction Dambulla : le guide du bus local
1. De l’aéroport à ton hostel : le parcours du combattant… ou pas
Atterrissage à Colombo-Bandaranaike en fin d’après-midi. Sac récupéré, douanes passées sans encombre grâce à mon ETA (Electronic Travel Authorization) obtenu en ligne sur le site officiel eta.gov.lk pour 50 USD, soit environ 44€ taxes incluses.
💡Astuce : passe TOUJOURS par le site officiel, pas par les intermédiaires qui te font payer 60-70€ pour le même visa. Le site du gouvernement français (diplomatie.gouv.fr, section Sri Lanka) te redirige vers le bon lien.
Une fois les formalités bouclées, ne fonce pas direct vers la sortie. Il y a trois étapes cruciales à ne pas zapper DANS l’aéroport :
Étape 1 : Retirer des roupies sri-lankaises (LKR)
Direction la People’s Bank, une des rares banques qui n’applique pas de frais supplémentaires sur les retraits internationaux (l’autre option c’est Bank of Ceylon). Les distributeurs sont juste avant la sortie, impossible de les louper. Petit tips : retire suffisamment pour tenir quelques jours, surtout si tu pars direct dans les zones moins touristiques où les ATM peuvent être rares.
Étape 2 : Acheter une carte SIM
Le stand Dialog est indiqué comme ouvert H24 (et c’était bien le cas lors de mon passage). J’ai pris une carte SIM avec 20 Go de data valable 30 jours pour 1399 LKR, soit à peine 3,80€. Franchement, pour ce prix-là, ne te pose même pas la question. Avoir de la data dès la sortie de l’aéroport, c’est LA clé pour utiliser Uber ou Pick Me (le Uber local) sans galérer.
Étape 3 : Télécharger les apps de transport
Pendant que ta SIM s’active, télécharge Uber ET Pick Me. À Colombo, les deux fonctionnent bien. Par contre, petit détail qui a son importance : Pick Me, tu payes en cash uniquement. Si comme moi tu veux économiser tes billets pour les transports locaux et les petits restos, privilégie Uber qui accepte la carte bancaire. Ailleurs dans le pays, Uber est quasi inexistant, donc garde Pick Me sous le coude.
👉Le trajet jusqu’au centre-ville : bus local ou tuktuk ?
J’ai choisi l’option backpacker assumée : le bus 187. Une fois sorti de l’aéroport, tourne à droite et marche jusqu’au stand du bus. C’est indiqué, tu ne peux pas te tromper. Petit bus local qui t’emmène direct à la Pettah Bus Station pour 300 LKR (0,82€). Le trajet dure environ 1h-1h30 selon le trafic et les arrêts à la demande.
Arrivée à Pettah, j’ai commandé un tuktuk via Uber pour rejoindre mon hostel (environ 300-400 LKR selon ta destination finale). Oui, tu peux aussi prendre directement un tuktuk depuis l’aéroport, mais ça te coûtera facilement 3000-4000 LKR au lieu de moins de 1€ en bus. À toi de voir si tu privilégies le confort ou l’économie.
👉Mon choix d’hébergement : Alma’s Hostel
J’ai volontairement évité le centre-ville ultra-touristique pour poser mes valises à l’Alma’s Hostel, un peu excentré mais super bien situé. Le quartier est agréable, résidentiel, avec un grand supermarché Keells à deux rues (pratique pour les snacks et l’eau), et plusieurs petits restos locaux.
L’hostel en lui-même est nickel : chambres avec clim (bénédiction sous les tropiques), rideaux pour un minimum d’intimité dans les dortoirs, et une ambiance chill avec des voyageurs de passage. J’ai payé 10€ la nuit.
Petit bonus non négligeable : l'hostel offre le refill d'eau gratuit, ce qui te permet d'économiser sur l'achat de bouteilles en plastique tout en restant hydraté sous la chaleur sri lankaise.
Après une douche chaude bien méritée, j’ai sombré dans un sommeil réparateur. Voyage en avion + décalage horaire + chaleur humide = KO direct à 18h.
2. Jour de l’Indépendance : quand Colombo décide de faire la grasse matinée
Réveil en forme, café avalé, programme de la journée bien calé : temples, mosquée iconique, musées, marché de Pettah… Et c’est là que j’apprends que c’est le 4 février, le jour de l’Indépendance du Sri Lanka.
🇱🇰Petit aparté culturel : le 4 février 1948, le Sri Lanka (alors appelé Ceylan) obtient son indépendance du Royaume-Uni. C’est LA fête nationale du pays, célébrée en grande pompe avec parades militaires, défilés, et… fermeture de quasi tout ce qui est touristique. Google Maps, dans sa grande générosité, ne t’indique évidemment pas les horaires spéciaux.
Bon, ok, je me suis dit : “Pas grave, on improvise.” Après un bon smoothie bowl pour faire le plein d’énergie (oui, même en backpacking on a le droit de se faire plaisir), je me retrouve dans un tuktuk à trois avec mes nouvelles copines, direction le quartier de Pettah. Prix du tuktuk partagé : 300 LKR pour nous trois, soit 100 LKR chacune (0,27€). C’est ça aussi, la beauté du voyage solo : tu fais des rencontres au petit-déj et hop, tu te retrouves à partager un tuktuk avec des inconnus qui deviennent tes potes de la journée.
👉L’aventure Pettah : entre déception et belles découvertes
Premier objectif : la mosquée Jami Ul-Alfar, cette beauté rouge et blanche rayée qui ressemble à un bonbon géant. Tu l’as forcément vue sur Instagram, elle est ultra photogénique. On arrive pile au moment où le gardien ferme la grille devant nous. Dommage, mais au moins on a pu admirer sa façade baroque de l’extérieur. Conseil pour ta visite : viens tôt le matin ou en fin d’après-midi, et vérifie bien que ce n’est pas un jour férié (oui, je sais, je me répète).
Pas grave, on se balade dans le quartier de Pettah. Normalement hyper animé avec son marché foisonnant, ses ruelles étroites remplies de vendeurs de tout et n’importe quoi, c’est LE quartier commerçant de Colombo. Mais jour férié oblige, c’est quasi désert. Ça a un côté étrange, un peu fantôme, mais aussi assez cool : on peut déambuler tranquillement sans se faire harceler par les vendeurs.
On finit par dénicher un temple hindou encore ouvert (miracle !) : le Sri Ponnambalavaneswarar Kovil. Et là, petite pépite culturelle.
🇱🇰Le temple de granite qui raconte l’histoire du Sri Lanka
Ce temple hindou, construit initialement en 1857 par Ponnambalam Mudaliyar, a été entièrement reconstruit en granite entre 1907 et 1912 par son fils, Sir Ponnambalam Ramanathan. Ce nom ne te dit peut-être rien, mais le bonhomme a joué un rôle crucial dans le mouvement d’indépendance du Sri Lanka. Le temple n’est pas juste un lieu de culte, c’est un symbole de l’identité tamoule à Colombo.
Architecturalement, c’est impressionnant : tours sculptées (gopurams), détails finement ciselés dans le granite. Pense à retirer tes chaussures avant d’entrer, et habille-toi correctement (épaules et genoux couverts, c’est la base).
Après cette visite éclair, mes copines partent vers le sud du pays, et je me retrouve de nouveau solo. Retour à l’hostel pour digérer cette matinée en demi-teinte.
3. Galle Face sous la pluie : quand la météo décide de pimenter la journée
L’après-midi, je décide de tester Galle Face Green, apparemment LE spot où tout Colombo se retrouve les jours fériés. Je me joins à un autrichien croisé à l’hostel, et on part à pied explorer cette fameuse promenade en bord de mer.
👉Galle Face Green, c’est quoi ?
Imagine une immense esplanade verte de 5 hectares qui longe l’océan Indien en plein cœur de Colombo. Créée en 1859 par le gouverneur britannique Sir Henry Ward (oui, encore l’influence coloniale), c’était à l’origine un terrain de cricket et de courses de chevaux pour les colons. Aujourd’hui, c’est devenu le poumon vert de la ville, le lieu de rendez-vous des familles qui viennent faire voler des cerfs-volants, des vendeurs de street food, des amoureux qui se baladent main dans la main…
Les jours fériés, c’est l’effervescence totale. Sauf que, évidemment, la météo sri-lankaise a décidé de jouer sa petite partition. On commence à marcher tranquillement le long de l’océan, la brise marine dans les cheveux, quand les premiers nuages noirs débarquent. Et là, BOOM. Déluge tropical façon mousson express.
On se retrouve trempés jusqu’aux os en moins de deux minutes. Pas de parapluie, pas d’abri proche. Finalement, on décide de rebrousser chemin et de rentrer à l’hostel. L’expérience “Galle Face sous le soleil couchant avec les cerfs-volants et les vendeurs de vadai (beignets frits)” sera pour mon prochain passage à Colombo. Mais franchement, se prendre une averse tropicale en pleine face, c’est aussi ça le voyage : des moments pas instagrammables mais qui te font marrer après coup.
4. Manger à Colombo : du rice & curry au resto un peu trop cher
Le soir, rencontre avec une belge à l’hostel, et on rejoint l’autrichien pour aller dîner. L’idée de base, c’était de tester un petit resto local recommandé par un gars du staff de l’hostel. Sauf que… jour férié oblige, fermé.
On se rabat donc sur Bowl’d, un resto pas très loin de l’hostel qui propose de la nourriture non-traditionnelle (comprendre : pas du rice & curry pour la énième fois) et qui, lui, était ouvert.
Verdict : c’était bon, moderne, bien présenté… mais aussi bien plus cher que les petits restos locaux. J’ai payé 2800 LKR, soit 7€. Pour te donner une idée, un rice & curry complet dans un resto local te coûte entre 500 et 800 LKR (1,30 à 2€). Donc oui, Bowl’d c’est le prix d’une pause “occidentale”, mais surtout le prix de la galère du jour férié où tout est fermé.
5. Ce que je n’ai pas pu faire (mais que je compte bien rattraper)
Voilà la liste des incontournables de Colombo que j’avais prévus mais que le jour de l’Indépendance et la météo m’ont empêché de découvrir. Je complèterai cet article après mon second passage à Colombo en fin de voyage, mais si tu prépares ton trip, voilà ce qu’il ne faut pas louper :
👉Les temples et sites religieux :
Gangaramaya Temple : l’un des temples bouddhistes les plus importants de Colombo, mélange d’architectures sri-lankaise, thaïe, indienne et chinoise
Seema Malaka : un temple flottant sur le lac Beira, ultra photogénique
Sri Siva Subramaniaswami Temple et Sri Kailasanathar Swami Temple : deux autres temples hindous majeurs
👉Les musées :
Musée national de Colombo (Colombo National Museum) : pour plonger dans l’histoire et la culture du pays
👉Les balades et quartiers :
Galle Face Green (cette fois sous le soleil, promis)
Le marché de Pettah en version animée (pas en mode ville fantôme)
Je mettrai à jour cet article avec mes impressions, photos et conseils pratiques dès que j’aurai coché ces cases. En attendant, si tu as le temps à Colombo, fonce sur ces spots.
6. Budget et infos pratiques : combien ça coûte vraiment ?
Voilà le récap’ de mes dépenses pour mes 48h à Colombo (hors vols et visa) :
👉Transport :
- Bus 187 aéroport → Pettah : 300 LKR (0,82€)
- Tuktuk Pettah → hostel : ~350 LKR (0,95€)
- Tuktuk partagé vers Pettah (à 3) : 100 LKR/personne (0,27€)
- Tuktuk retour : ~300 LKR (0,82€)
👉Hébergement :
- Alma’s Hostel : 10€/nuit (soit 20€ pour 2 nuits)
👉Nourriture :
- Smoothie bowl et café à l’hostel : 2600 LKR (7€)
- Dîner chez Bowl’d : 2800 LKR (7,60€)
- Café et snacks : ~500 LKR (1,35€)
👉Téléphonie :
- Carte SIM Dialog 20Go/30j : 1399 LKR (3,80€)
👉Entrée temple
- gratuite (le Sri Ponnambalavaneswarar Kovil ne fait pas payer)
Total pour 2 jours à Colombo : environ 41€ soit environ 20€/jour.
C’est clairement faisable de faire encore moins cher en mangeant uniquement local et en marchant plus. Mais franchement, pour 41€ sur deux jours dans une capitale, je trouve ça déjà ultra-raisonnable.
💡Quelques tips pour gérer ton budget :
- Change ton argent intelligemment : People’s Bank et Bank of Ceylon sont tes alliées pour éviter les frais de retrait
- Partage tes tuktuks : diviser par 2 ou 3 le prix, ça change tout
- Utilise les apps Uber et Pick elles t’évitent les arnaques touristiques classiques
- Privilégie les restos locaux : le rice & curry à 1,50€, c’est bon, copieux, et tu découvres la vraie cuisine sri-lankaise
7. Quitter Colombo : direction Dambulla
Après une bonne nuit de sommeil au frais (merci la clim), café avalé, et c’est l’heure de quitter Colombo pour rejoindre Dambulla, porte d’entrée du fameux Triangle Culturel.
👉Le trajet étape par étape
Tuktuk jusqu’à Bastian Mawatha Bus Station. Coût : 300-500 LKR selon ta localisation.
Chercher le quai 15 : une fois à la gare routière, demande où se trouve le bus pour Dambulla. Normalement, c’est au quai 15, mais les Sri Lankais sont ultra-serviables, donc n’hésite pas à poser la question à plusieurs personnes pour être sûr.
Bus Colombo → Dambulla : le trajet dure environ 4h (selon le trafic et les arrêts). Coût : 1300 LKR (3,57€). Prévois de l’eau et éventuellement des snacks même si des vendeurs proposent des snacks au fil de la route. Ma voisine de trajet, une jeune Sri Lankaise m’a fait gouté des Wade : boulettes de lentilles frites. C’était super bon et ça cale grave.
💡Info importante : si tu veux aller directement à Sigiriya depuis Colombo, tu dois changer de bus à Dambulla. Le chauffeur te dira où descendre, pas de stress.
Mon conseil : pars tôt le matin (vers 7h-8h) pour éviter les heures de pointe à Colombo et profiter de la journée une fois arrivé à Dambulla.
Conclusion
Colombo ne m’a pas dévoilé tous ses secrets lors de ce premier passage, c’est clair. Entre le jour de l’Indépendance qui a fermé la moitié de la ville et la pluie tropicale qui m’a forcée à rebrousser chemin, je n’ai pas eu le trip “carte postale” escompté.
Mais franchement ? J’ai découvert Colombo dans son intimité de jour férié, j’ai partagé des moments impromptus avec d’autres voyageurs, je me suis pris une averse mémorable, et j’ai surtout appris à lâcher prise sur mes plans bien ficelés.
Je reviendrai bientôt compléter cet article avec mes découvertes lors de mon second passage à Colombo.
👉Retrouve toutes mes aventures au Sri Lanka et mes autres destinations sur la page dédiée de Backpackologie.


